Le potentiel perdu dans nos forêts

Au cours des derniers mois, j'ai écrit à propos des différents problèmes qui affectent nos membres, les 42 000 propriétaires de lots boisés privés de notre province, des membres de la communauté qui semblent toujours être désavantagés.

Nous nous battons pour avoir de bons prix des usines. Nous sommes frustrés par les gouvernements inactifs, qui, dans le passé ont su ignorer leurs propres lois pour donner plus d'avantages aux grandes industries.

Dans mon dernier article, j'ai souligné qu'en raison des disputes avec le bois d'œuvre et les États-Unis, cela nous a couté plus de $100 millions, principalement sous forme de douanes punitives des américains…ceux-ci ont jeté un regard minime sur les conditions non-compétitives de l'industrie forestière de cette province.

Ce n'est qu'une petite partie des difficultés qui nous ruinent. Je voudrais partager l'histoire d'un propriétaire privé, un homme dédié à la forêt avec plus de 50 ans d'expérience, un homme plein de connaissances et passionné pour la forêt.

Le gouvernement autorise l'industrie à s'approprier des terres de la Couronne à des prix déprimés

L'histoire de Andrew Clark se jumelle avec tant d'autres dont je connais; honnête et grand travaillant avec un respect profond pour la forêt. Un engagement pour le futur renouvelable et une intendance responsable; en plus, le bien-être de notre province et la valeur de nos ressources forestières.

« Je le laisse tout simplement là » dit-il. « Autrefois, je l’aurais définitivement coupé si je pouvais faire de l’argent »
— Andrew Clark

Habitant dans la région de Hartland, M. Clark détient 175 acres de forêts, en trois parcelles. Son grand-père, son père et son oncle travaillaient tous dans le bois et l'invitaient souvent quand il était jeune garçon. Rendu à 70 ans, M. Clark a servi deux fois comme président de la Fédération des Propriétaires de Lots Boisés Privés du Nouveau-Brunswick.

Ces jours-ci, M . Clark vend de la pâte de bois franc et des billots. La pâte de bois mou qui était autrefois vendu aux moulins, demeure en forêt, car les usines ne donnent pas assez pour prendre la peine de le couper. « Je le laisse tout simplement là » dit-il. « Autrefois, je l'aurais définitivement coupé si je pouvais faire de l'argent ».

Aujourd'hui, M. Clark dit qu'il y a une grande différence entre ce que les usines de la province payent aux fournisseurs comme lui et ce qu'ils en tirent comme bénéfices avec leurs produits.

II dit que les usines payent entre $38 et $45 la tonne pour le bois. Une fois qu'il est converti en pâte, la tonne se vend pour plus de $1 600. Même si on considère que ça prend 2 tonnes de bois pour faire 1 tonne de pâte, la différence est énorme.

« Même avec le prix du transport plus élevé » dit-il, « le propriétaire privé gagne $20 de plus la tonne en faisant un marché avec la N-E. »
— Andrew Clark

D'après les normes de l'industrie, les usines peuvent dépenser 25 % du prix de vente de la pâte pour acheter du bois et encore faire un profit. M. Clark dit que ceci voudrait dire que les moulins pourraient payer approximativement $200 de la tonne pour le bois d'œuvre et en sortir gagnants.

Comme homme d'affaires, il réalise que les usines basent leurs prix en fonction des principes de l’offre et la demande. Depuis quelques années, la demande est en déclin et l’offre est à la hausse avec davantage de bois de la Couronne disponible depuis la fermeture de plusieurs usines dans la province. Cela entraîne la chute des prix offerts aux producteurs des boisés privés – à près de la moitié de ce qu’ils étaient dans les années 1990 quand le dollar achetait plus qu'aujourd'hui et que l'essence était beaucoup moins cher.

M. Clark se demande pourquoi une usine en Nouvelle-Écosse peut payer $95 la tonne pour le même bois, soit plus que le double de ce que les moulins du N.-B. payent.

« Même avec le prix du transport plus élevé » dit-il, « le propriétaire privé gagne $20 de plus la tonne en faisant un marché avec la N-E. »

M. Clark ne blâme pas l'industrie, mais plutôt la base du gouvernement provincial qui permet l'industrie de prendre de plus en plus de volume de bois de la Couronne à meilleur prix.

Encore une fois, les boisés privés se trouvent devant un géant compétitif qui est le gouvernement provincial. Ce même gouvernement, qui, par les lois et règlements, devrait encourager le marché privé et les ventes.

Renonce à des chances d'obtenir des revenus assez importants de nos terres de la Couronne

On peut aussi ajouter que notre province endettée renonce à des chances d'obtenir des revenus assez importants de nos terres de la Couronne, un point qui a été relevé par un parti indépendant du bureau général des vérificateurs.

Une étude faite en 2010 par CIBC World Markets sur notre industrie forestière démontre que les Néobrunswickois devraient profiter de $100 millions par année pour les coupes de bois sur les terres de la Couronne. Combien le gouvernement gagne-t-il ? Presque rien d'après le vérificateur.

Je suis d’accord avec M. Clark. Les contribuables de la province se font avoir. Les gouvernements du passé ont ignoré le problème. Nous souhaitons que l’Honorable Higgs s'en occupera considérant son focus sur les finances provinciales.

Je suis d’accord avec M. Clark. Les contribuables de la province se font avoir. Les gouvernements du passé ont ignoré le problème. Nous souhaitons que l’Honorable Higgs s’en occupera considérant son focus sur les finances provinciales.

« Si vous écoutez les récentes annonces de ce gouvernement, il coupe beaucoup de dépenses. II ne mettra pas d'argent sur un édifice, ne fera pas ceci, ne fera pas cela afin de sauver de l'argent. Je ne suis pas tout à fait en désaccord » dit M. Clark.

« Ceci veut dire qu'il n'y a pas assez d'argent pour les travailleurs des foyers de soins. Ceci veut dire qu'il n'y a pas assez d'argent pour augmenter le nombre d'infirmiers(ères} dans les hôpitaux. II n'y a pas assez d'argent pour de nouveaux arénas » dit-il.

Voici un $100 millions de revenu annuel, que je crois qui leur est disponible s'ils trouvaient le courage de le prendre.

« Ceci est très fâchant. Ce qui me fâche le plus, c'est de ne pas pouvoir obtenir un prix raisonnable pour mon bois, et encore plus, comme citoyen du N.-B., c'est de voir toutes les choses qui ne se font pas faire, les déficits et leurs intérêts que nous devons payer...c'est assez pour nous rendre malades. »

Bien dit.

Merci de votre écoute,

Rick Doucett

Président, Fédération des Propriétaires de Lots Boisés Privés du Nouveau-Brunswick