Il est temps que le gouvernement agisse en foresterie

Ces temps-ci, il y a beaucoup de réactions face à l’état du secteur forestier de la province. Le premier ministre Blaine Higgs averti qu’une crise est imminente en raison des prix du bois d’œuvre qui chutent, des tarifs américains, ainsi que de l’impact de la taxe sur de carbone. La récente fermeture d’une usine de panneaux à St-Stephen est perçue comme étant seulement la partie visible de l’iceberg.

la moitié du bois coupé provient des terres de la Couronne, tandis qu’environ seulement 15 % viennent des boisés privés.

Les propriétaires de lots boisés dans cette province sont malheureusement très familiers avec des crises. Les gouvernements provinciaux ont continuellement accru l’accès aux terres de la Couronne pour les usines. Les données du gouvernement démontrent que plus que la moitié du bois coupé provient des terres de la Couronne, tandis qu’environ seulement 15 % viennent des boisés privés.

Cette approche nous cause des ennuis, particulièrement avec le conflit sur le bois d’œuvre et les tarifs imposés sur l’exportation par les États-Unis. Le Canada a récemment gagné un point dans ce conflit avec un panel binational de l’ALENA, toutefois, ce n’est que par intérim et personne ne sait si ou quand ce tarif sera aboli. Comme nous le savons, ce tarif n’aurait pas été nécessaire du tout si la province avait suivi sa propre loi sur les terres et forêts de la Couronne et assuré une compétition équitable pour les boisés privés. Nos membres savent qu’il est impossible de compétitionner avec les prix minimes créés par un marché saturé de bois des terres de la Couronne.

On dirait que le seul temps où le secteur forestier est vu comme étant en crise est lorsque les usines souffrent.

On dirait que le seul temps où le secteur forestier est vu comme étant en crise est lorsque les usines souffrent. Au cours des dernières dix années, les propriétaires de lots boisés privés ont perdu des centaines de millions de dollars en ventes et les offices de commercialisation ont perdu des millions de dollars en revenu d’opération pour servir leurs membres.

Cela, à son tour, entraîne des pertes substantielles pour la province et les contribuables avec des recettes fiscales perdues et des taux de redevances artificiellement bas sur le bois de la Couronne. Ceci est une CRISE, et une crise causée par le manque d’action du gouvernement.

Les politiciens sont toujours là pour discuter, mais une accélération aux actions est ce dont nous avons besoin.

Nous étions optimistes avec le gouvernement Higgs qui vient de terminer sa première année au pouvoir. Le gouvernement conservateur minoritaire avait promis de réviser la loi des terres et forêts de la Couronne – vieille de près de 40 ans – afin de faire les mises à jour nécessaires et la rendre plus adéquate pour l’époque actuelle. Avant son élection au pouvoir, Monsieur Higgs avait aussi mentionné qu’il comprenait les préoccupations du public envers l’épandage, les coupes à blanc et les nombreux propriétaires de boisés privés qui se sentent laissés de côté et marginalisés. Mais à date, il n’y a pas eu beaucoup d’action.

Si nous prenons la peine de nous rencontrer, il va falloir discuter de ces vraies préoccupations et trouver des solutions. Il faut aller de l’avant avec des solutions.

Le 10 septembre dernier, il y a eu une table ronde à Fredericton avec la participation des représentants de l’industrie, des contracteurs forestiers, des Offices de Commercialisation, le gouvernement Higgs, notre Fédération, des propriétaires de boisés privés, l’honorable Mike Holland (ministre du Développement de l’énergie et des ressources) ainsi que des employés.

Il eut des indications que d’autres rencontres semblables auront lieu, toutefois, il n’y a pas d’horaire établi. Même si les opportunités de dialogue sont toujours les bienvenues, il y a un certain sentiment de manque de confiance chez les Offices et les propriétaires qui ont été témoins de plusieurs années de paroles, mais de très peu d’action pour adresser le déséquilibre dans le secteur forestier du Nouveau-Brunswick.

Même l’ordre du jour de cette première importante rencontre du 10 septembre a évité d’adresser à fond les enjeux de mise en marché du bois, préférant adresser des thèmes comme le besoin de meilleure information et de planification à long terme. Les politiciens sont toujours là pour discuter, mais une accélération aux actions est ce dont nous avons besoin. Nous avons rencontré le gouvernement à plusieurs reprises et proposé des solutions, mais il semble y avoir seulement de vraies actions lorsque c’est l’industrie qui fait pression pour satisfaire ses propres besoins.

Excessive des forêts publiques par l’industrie privée.

Les choses pourraient finalement changer quant à l’utilisation excessive des forêts publiques par l’industrie privée. De plus en plus d’appels pour voir plus de conservation et moins d’épandage d’herbicides et de coupes à blanc sur les terres publiques pourraient forcer le gouvernement à explorer des façons d’augmenter la vente de bois des boisés privés. Nous en avons eu un avant-goût suivant une plainte d’un randonneur pédestre au parc Carleton où on pouvait voir les coupes à blanc le long des bords du parc. L’industrie dit que c’est un signe de bonne économie forestière, mais pour la plupart des gens, c’est plutôt le signe d’une mauvaise gestion des ressources publiques.

L’industrie dit que c’est un signe de bonne économie forestière, mais pour la plupart des gens, c’est plutôt le signe d’une mauvaise gestion des ressources publiques.

Rien de ceci n’était discuté à la table ronde en septembre. L’injustice sur le marché du bois au Nouveau-Brunswick et le manque d’un mécanisme adressant l’approvisionnement proportionnel pour la vente de bois des boisés privés sont surement les sujets tabous, mais n’ont pas été discutés. Si nous prenons la peine de nous rencontrer, il va falloir discuter de ces vraies préoccupations et trouver des solutions. Il faut aller de l’avant avec des solutions.

Nous devons arrêter de tourner autour du pot lors de ces tables rondes et adresser les problèmes nocifs qui empêchent un marché bien balancé pour tous les acteurs dans le secteur forestier. Malgré le scepticisme, nous espérons d’autres rencontres. Un jour, nous espérons, ces rencontres tables rondes porteront fruits pour l’avenir de notre province.

Merci de votre écoute,

Rick Doucett, Président de la Fédération des Propriétaires de Lots Boisés Privés du Nouveau-Brunswick.